Part des logements sociaux (nombre de logements sociaux pour 100 ménages)

Part des logements sociaux (nombre de logements sociaux pour 100 ménages)

Thème

Logement


Moyenne régionale (2017)

7,29 logt/100 ménages

I. Introduction

L'indicateur exprime la proportion de logements sociaux en regard du nombre total de ménages par quartier. Il indique donc la part relative de l'offre sociale sur le marché résidentiel local. Il faut entendre ici par logement social tout logement appartenant à et appliquant les critères d'attribution définis par les sociétés publiques de logement (SISP). Les logements à caractère social ou assimilés au social (créés notamment dans le cadre des contrats de quartier ou gérés par une agence immobilière sociale - AIS) ne sont pas comptabilisés.



II. Description de la carte

II.1. En 2017

La répartition des logements sociaux à l'échelle de la Région est relativement éclatée avec des parts localement élevées. Une série de quartiers situés dans le quadrant sud-est en comptent peu ou pas du tout.  

Notons de prime abord que la part de logements sociaux à l'échelle de la Région demeure relativement faible à ce jour (moins de 8 logements sociaux sur 100 ménages) malgré les efforts récents de rénover et de créer de nouvelles unités de logement.

La carte montre que le logement social est présent dans toutes les communes bruxelloises mais avec une répartition assez inégale. Dans certaines communes il y a une bonne combinaison entre le logement social et les autres types d'habitations, tandis que dans d'autres une séparation spatiale plus nette existe, comme à Uccle et Saint-Gilles où les contrastes entre l'est et l'ouest sont assez marqués, les quartiers plus aisés accueillant de plus faibles parts de logements sociaux. Dans le sud et le sud-est de la Région, de part et d'autre de l'avenue de Tervueren et à Uccle (Vivier d'Oie, Saint-Job Kauwberg, Dieweg, Observatoire, Montjoie - Langeveld, Churchill...), la proportion de logements sociaux est très faible voire nulle. Certains quartiers de la périphérie nord et ouest (Neerpede, Heymbosch - AZ-Jette), tout comme l'est du Pentagone et le quartier Européen, où prédominent d'autres fonctions que le logement, sont également dans ce cas.

La distribution éclatée du logement social est le reflet des diverses vagues de construction et de la multitude de sociétés de logement qui ont fait l'histoire de l'habitat social.

La loi de 1889 sur le logement ouvrier constitue le point de départ de la politique du logement public social en Belgique. De cette époque datent toute une série d'immeubles à appartements : notamment la Cité Hellemans dans les Marolles, la Cité de la Forêt d'Houthulst dans le quartier Béguinage-Dixmude, Delva dans le Vieux Laeken Ouest (Bruxelles-Ville), ainsi que les groupes d'immeubles du quartier Bosnie (Saint-Gilles).

Dès les années 1920, des ensembles pavillonnaires font leur apparition. Baptisées cités-jardins, en référence à leur modèle britannique, ces ensembles sont implantés à l'origine dans les zones non bâties les plus excentrées de la Région, aux terrains moins onéreux et accessibles depuis la ville via de (nouvelles) lignes de trams et de bus. Citons à titre d'exemple les cités-jardins de Moortebeek (Anderlecht), Terdelt (Schaerbeek), Kapelleveld (Woluwe-Saint-Lambert), Homborch (Uccle) et Le Logis-Floréal dans le quartier des Trois Tilleuls (Watermael-Boitsfort). Bien que la dénomination de cité-jardin ne soit utilisé que pour les ensembles initiés dans les années 1920, d'autres lotissements pavillonnaires verront encore le jour dans l'après-guerre dans les quartiers périphériques de la ville, comme la cité des Constellations (Woluwe-Saint-Lambert) ou la cité du Tornooiveld (quartier Paduwa, Evere).

C'est dans l'après-guerre qu'on commence à privilégier les immeubles construits en hauteur, les tours et barres de logement généralement disposées en groupe sur des terrains dégagés. Ce type de construction se généralise dès les années 1950 à la fois dans le cadre d'opérations de rénovation urbaine (« éradication des taudis ») dans les quartiers centraux (cité de la Querelle dans les Marolles, cité Potiers dans le quartier Anneessens) et pour les grands ensembles périphériques (cité Modèle, Peterbos, Villas de Ganshoren).

Les ensembles les plus récents valorisent quant à eux les réserves foncières non bâties encore existantes, préférentiellement dans les quartiers de seconde couronne : Ernotte dans le quartier Dries (Ixelles), Lennik dans le quartier Bizet-Roue-CERIA (Anderlecht).

Si certaines communes, comme Ganshoren, Woluwe-Saint-Lambert, Watermael-Boitsfort et Evere disposent à présent d'un stock de logements sociaux appréciable, elles ont eu, au cours des dernières années, une activité faible dans ce secteur pour diverses raisons (disponibilité de terrains, volontarisme politique, opposition des riverains...).


II.2 Évolution de 2008 à 2017

La variation de la part de logements sociaux dépend essentiellement de deux facteurs : l'évolution du nombre de ménages présents et celle du nombre de logements sociaux. Si l'augmentation du nombre de ménages permet d'expliquer les diminutions de taux dans des quartiers comme Martyrs (Bruxelles-Ville), c'est avant tout la mise sur le marché locatif de nouveaux logements sociaux qui a fait croître le taux de logements sociaux dans d'autres quartiers : Stockel (projet « Stockel »), Haren (projet « Seigneurie »), Dries (projet « Ernotte »).

 

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